Ébranlée
- Natalia

- 14 janv.
- 8 min de lecture
3 ans
Tu sais quoi, aujourd’hui, le 14 janvier 2026, ça fait tout pile 3 ans que j’ai rencontré Jésus. 3 ans que je suis convertie (alors que je pensais être déjà chrétienne 😅). 3 ans que je suis « née de nouveau ». 3 ans que j’ai commencé à vivre.
Je vais te raconter la chose la plus dure que j’ai faite pendant ces trois ans.
Opération
Un jour, Jésus me demande de faire un truc tellement difficile... D’aller ouvrir des blessures anciennes, des blessures oubliées, des blessures profondes, pour qu’il puisse les guérir.
Alors j’y vais. Je m’inscris au week-end de guérison à l’église, comme il m’a dit. Rien à voir avec la guérison physique, on est sur d’autres domaines.
Je sais que le Dieu de l’Univers a raison, mais j’appréhende. Plus je me rapproche de ce moment, plus j’ai peur. J’ai peur que ça soulève des choses, je ne sais pas dans quel état je serais après, j’ai peur de l’inconnu.
Une semaine avant que Jésus ne vienne s’occuper de ces blessures, je reçois une prophétie. Dans une église en Suisse, une femme me dit :
- Jésus va vous opérer en profondeur. Ensuite il y aura un temps de convalescence, et il faut se le laisser. C’est normal.
Elle continue avec de belles promesses pour après. Après cette fameuse convalescence.
Ça me rassure incroyablement de voir que Jésus est là, tout près de moi, prêt à répondre à chacune de mes inquiétudes.
Colère
Et la semaine d’après, au week-end en question, il opère effectivement en profondeur. Je ne comprends pas tout ce qu’il fait. Je sors de ce week-end, complètement chamboulée. Je ne sais plus où j’en suis. Je me pose avec Jésus.
Dans ma tête se dessine une image. Je suis sur une table d’opération. Jésus est en train de me recoudre. Ensuite, il m’aide à me relever, puis me soutient pour marcher, comme si j’avais encore mal à chaque pas.
Je ne comprends pas ce que ça représente. Je lui demande :
- Jésus, à quoi correspond la douleur physique que je vois dans cette image ?
Un mot s’impose à mon esprit :
- La colère.
Je ne sais pas trop quoi faire de cette information.
Dès le lendemain, je suis effectivement furieuse. Je vais bosser, les collègues me donnent envie de hurler. Je n’avais jamais été si en colère depuis que j’avais rencontré Jésus. J’ai envie de brûler leurs maisons avec eux dedans. Je ne supporte plus rien.
Je n’arrive pas à me connecter à la paix du Ciel. Ça m’énerve encore plus parce que je sais qu’elle est là, accessible. J’ai perdu le chemin pour m’y rendre.
J’essaye de passer des temps avec Dieu, mais mon âme ne s’apaise pas. Mes pensées tournent et virent comme un lion en cage, incapables de s’arrêter. Plus j’essaye de passer des temps avec Dieu, plus je m’énerve de ne pas y parvenir. Alors j’arrête, je laisse tomber.
J’ai perdu le contact avec celui que j’aime.
Celui pour qui mon cœur bat. Mon meilleur ami, mon Grand-Frère Jésus, mon Papa du Ciel.
J’ai perdu mon Dieu, mon Roi et mon Seigneur.
J’ai perdu ma vie, ma joie et mon cœur.
J’ai perdu ma danse, ma voix et ma couleur.
Et pourtant je sais qu’il est là. Je sais qu’il est juste à côté de moi, et qu’il m’aide à marcher, à chaque pas. Je l’ai vu.
Et je le remarque au quotidien. Au boulot, tout se passe merveilleusement bien. Tout problème qui fait mine de surgir est réglé sans que je ne sois capable de prendre les choses en main. J’ai toutes les bénédictions du Ciel qui œuvrent ensemble dans mes journées pour me faciliter la vie.
Et je me sens toujours aussi mal. Je suis furieuse et je ne sens plus la présence de Dieu.
Garde tes bénédictions !
J’en parle à Dieu.
- C’est pas tes bénédictions que je veux ! C’est toi !! Ok, je suis reconnaissante de tout ce que tu fais, ok, c’est vraiment soutenant. Ok, je sais pas comment je ferais sans. Mais c’est tellement pas ça que je veux !
Et il continue à me bénir magnifiquement. Et je suis toujours incapable de le trouver lui.
Les jours passent. J’arrive à le percevoir juste à l’église, pendant le temps de louange, où je suis probablement portée par l’onction collective. Une bouffée d’oxygène dans ma semaine.
Mais j’aimais bien respirer tous les jours. Je sais que ça va revenir. Et que ça va revenir encore mieux qu’avant. Je sais que je vais toucher une nouvelle dimension du Ciel. Je le sais, on me l’a prophétisé deux fois, et c’est aussi ce que j’avais moi-même reçu.
Je le sais, et je tente de m’y accrocher. Je m’accroche à la promesse. Il paraît que ça sert à ça les promesses.
Et puis, au milieu de ce temps tellement étrange, une belle pensée me traverse le cœur : au moins, c’est bien Dieu que je cherche, pas ses bénédictions. Je ne cherche pas juste qu’il règle mes problèmes de boulot ou des trucs matériel. C’est bien lui que je veux. C’est assez chouette finalement !
Stop
Un jour, toujours dans cet état où je suis à fleur de peau, je vais acheter un truc dans un magasin, et le vendeur se trompe dans ses conseils. Je rentre chez moi et réalise que ce qu’il m’a dit est faux. J’ai envie d’y retourner juste pour éclater le mec. Pour le défoncer. Je suis furieuse !
Et encore plus furieuse parce que je sais que c’est ridicule d’être furieuse pour ça.
Et encore plus furieuse parce que j’en pleure de ne pas savoir quoi faire de cette colère.
Et encore plus furieuse parce que ça ne s’arrête pas.
J’en peux plus. Je m’allonge par terre.
- Jésus, fais quelque chose. Juste fait quelque chose.
La colère disparait.
Je suis surprise, mais je ne ressens toujours pas la présence de mon Dieu. En fait, je ne vais pas mieux. Je vais un peu moins mal.
Ce n’était que dix jours. Et pourtant, ça m’a paru tellement long ! J’avais passé 37 ans dans la rage et sans la présence de Dieu dans ma vie, et là j’ai eu du mal à tenir 10 jours.
En même temps, maintenant que je sais que ce n’est pas ma personnalité, ni mon identité, forcément ça incite à envoyer la colère se faire cuire les tentacules.
Le lendemain, je retente un temps avec Dieu : je vais faire un tour dans les bois. Hey, je retrouve mon petit sentier de prière avec une étrange nostalgie, comme si j’avais douté de son existence. Quel soulagement d’être là, de retrouver la mousse qui grimpe sur les troncs, les empreintes de chevreuil, la bouillasse bio qui colle aux chaussures, et les arbres. Les arbres ! Ces créations immenses, grimpant vers le ciel avec droiture, cherchant une justice plus élevée. Ces mastodontes de paix et de beauté. Les arbres !

Et au milieu d’eux, une présence subtile, comme cachée. Il est bien là. Je le perçois. À peine. Je suis rassurée, et en même temps déçue de ne pas pouvoir juste me plonger dans ses bras pleinement. Je ne veux pas me contenter d’apercevoir mon Dieu de loin. Je veux habiter contre son cœur.
Et puis, jour après jour, lentement, je me reconnecte à sa présence. La convalescence se termine doucement.
Le chant qui me perce le cœur
Dans cette période encore compliquée de reconnexion à Jésus, un jour j’écoute de la musique d’une oreille en faisant je ne sais plus quoi d’autre. Lorsque youtube arrive à la fin de ma playlist, il met d’autres trucs. Et là, un chant m’interpelle.
Un chant qui me perce le cœur (https://www.youtube.com/watch?v=EH87xXauLoI). Je te mets quelques paroles (traduites de l’anglais) :
« Seigneur, je ne peux pas te trouver en ce moment
Combien de temps devrai-je me battre
Juste pour rester en vie ? »
Je ne comprends pas pourquoi ça me touche autant. J’ai traversé une période difficile, mais c’est pas pire, et je sais que ça va remonter. C’est déjà en train de remonter à ce moment-là. Je connais plein de gens qui traversent des trucs qui ont l’air bien plus compliqués que ça ! Je demande au Saint-Esprit :
- Je crois que ça me touche, mais je vois pas pourquoi. Je fais quoi ?
L’idée qui me vient est limpide :
- Écoutes ton cœur plutôt que de chercher à raisonner.
Bon… Je remets la chanson au début, j’écoute vraiment. Première fois de ma vie que je comprends toutes les paroles d’une chanson en anglais sans avoir besoin de les lire.
Et je me mets à pleurer, pleurer, pleurer.
Je mets la chanson en boucle, et je demande au Saint-Esprit :
- Pourquoi je pleure exactement ?
Et là ça me tombe dessus comme une évidence. Je me suis sentie abandonnée par Dieu pendant cette période. Je savais qu’il était là alors je n’ai pas accepté ce sentiment que je ne trouvais pas légitime. J’ai raisonné au lieu d’écouter.
Alors je crie à Dieu :
- T’étais où ? T’étais où ?
Je ne sais pas combien de fois je lui pose cette question. Cette question absurde, à laquelle je connais parfaitement la réponse. Il était là, avec moi, à chaque pas.
Et pourtant, j’ai besoin de lui dire ça, et c’est lui qui m’encourage à être vraie. À oser éprouver une émotion. À oser être moi. À oser être blessée. À oser être vulnérable. À ne pas ignorer le cri de mon cœur. À ne pas laisser un raisonnement éteindre mon âme. C’est mon Papa-Dieu qui a créé les émotions. C’est pas pour qu’on les écrase.
Au bout d’un moment, je ne pleure plus. Je suis plus légère.
Qu’est-ce que j’ai raté ?
J’avais pas réalisé que cette période m’avait autant affectée. Je devais être un peu dans le déni, pourtant je le connais celui-là, mais je l’avais pas repéré sur le coup. Je suis secouée par l’intensité de la douleur qui est sortie avec ce chant.
J’ai passé 10 jours sans être capable de me connecter à Dieu. Je sais que lui est toujours là. Le problème n’est pas de son côté. Entre lui et moi, qui c’est qui reste ? Alors qu’est-ce que j’ai raté ? Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? Comment je fais pour ne plus jamais tomber dans cette horreur sans Dieu ?
Je tourne ces questions dans ma tête et je ne trouve pas de réponse. J’en parle à Dieu. Comme il sait tout, il doit bien savoir ça, non ? Pourquoi il me dit pas ? C’est quoi le problème ?
Et puis un jour, je me pointe en Suisse pour une rencontre de chrétiens perchés (Revival School). L’orateur décrit la première tentative de marcher de sa fille. Son bébé qui s’est élancé du canap’ vers les bras tendus de son papa au regard plein de tendresse. Et le bébé s’est lamentablement vautré.
Le papa a saisi sa fille, l’a couverte de bisous, et lui a affirmé que c’était la meilleure tentative de faire un pas de l’histoire de l’humanité. Et ce papa rempli d’amour le pensait vraiment ! Il était tellement fier !
Alors là 2 évidences se sont posées sur mon cœur. Des évidences qui étaient déjà venues, que j’avais laissé filer, je sais pas pourquoi :
- tu peux te vautrer sans rien rater, c’est juste que t’es en train d’apprendre
- tu peux te vautrer et rendre ton Papa du Ciel hyper fier
Et puis en fin de journée, un leader nous propose de prier.
Je prie pendant qu’ils mettent de la louange en fond. Le chant qui passe dit :
- Si tu l’appelles, il se manifestera. Si tu le cherches, il se manifestera. Si tu l’adores, il se manifestera.
C’est un chant hyper connu (chez les chrétiens perchés en tout cas). Je l’ai entendu plein de fois.
Mais là, ça me frappe. Une évidence, encore une !
Je l’appelle. Je le cherche. Je l’adore. Carrément même !
Et là un murmure vient souffler à mon cœur :
- Du coup, t’as tout bon.
C’est la réponse à ma question « qu’est-ce que j’ai raté ? ». Bah rien. Rien du tout. Je me suis éclatée, et je ne suis fait mal. Mais j’ai rien raté ! J’ai tout bon.
Je laisse les pleurs rouler sur mes joues. Des pleurs de joie. Des pleurs de liberté. Des pleurs de soulagement. Des pleurs de légèreté.
J’ai tout bon, figure-toi !
Alors j’arrête de chercher la faute. En moi, ou chez les autres.
J’arrête de chercher la faute !
Natalia, impératrice qui a tout bon !
PS – je n’ai cramé la maison d’aucun collègue pendant cette période.
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