top of page
Rechercher

Liberté

  • Photo du rédacteur: Natalia
    Natalia
  • il y a 11 minutes
  • 7 min de lecture


La buse

Dimanche 12 juillet, je suis quasiment en vacances et j’ai soudainement du temps de cerveau. Mes neurones se mettent à penser à des trucs !


Du coup, une parole me revient.


Je me souviens d’un truc que Jésus m’avait dit à travers une femme de l’église : « prends ton hamac et viens te reposer avec moi ». C’était y’a deux ans. La personne qui m’a donné cette parole ne savait pas que j’avais un hamac et que j’avais jamais osé l’utiliser. J’ai jamais fait, et ça me demande un peu plus d’énergie que les trucs que j’ai déjà faits, tout simplement. Je suis pas sûre de savoir bien l'accrocher, je suis pas sûre d'être bien dedans, je suis pas sûre de trouver un endroit sympa... Trop d'incertitudes !


Globalement, ça m'arrangeait de me dire que c’était juste « repose-toi » le message. Mais bon, quand même, c’est bizarre cette histoire de hamac. Juste un peu trop précis pour que ce soit un hasard…


(Petite note, si le Dieu de l’univers te dit un truc, n’hésite pas à ne pas attendre 2 ans pour faire comme il dit)


Je décide donc de me faire une rando-hamac-prière : je monte dans la montagne, je glandouille sur un hamac et je parle à mon Dieu. Que demander de plus ?


Je fais une petite rando, et je vais me planquer dans les bois pour me poser sur mon hamac.

Wahou. D'un coup j’ai l’impression que toute la montagne est à moi. Je peux m’installer n’importe où, n’importe quand. Je ressens une liberté extraordinaire.


Liberté.


Purée il a des bonnes idées mon Dieu quand même !


Je glandouille, je lis un peu, je profite de cette nouvelle liberté.

Ensuite, je remballe le matériel pour sortir de la forêt et passer un temps de prière/louange sur une zone plus ouverte.


Je ne suis pas du tout au sommet de la montagne, mais je surplombe la vallée et ça me donne l’impression d’être impératrice de l’univers. C’est vraiment magnifique. Et puis, alors que je suis complètement occupée à louer mon Dieu, une buse se met à siffler de manière insistante, sur ma gauche, dans la forêt en contrebas. Mon côté « je kiffe la nature » a bien envie d’aller voir, mais bon, je suis en pleine louange là, faut pas abuser quand même !


La buse insiste. Bon ok, avec un peu de remords de m'interrompre, je vais voir .


Je me décale de quelques mètres pour voir la forêt d’épicéas au-dessus de laquelle la buse tourne.


- Jésus, t’as vraiment assuré sur la création des rapaces. C’est juste majestueux à voir voler.


Et là, alors qu’elle rasait le sommet des épicéas, la buse donne quelques coups d’ailes, s’éloigne de la montagne en restant à la même hauteur. Soudainement, ce n’est plus quelques mètres qui la séparent des arbres, mais plusieurs centaines de mètres. Je trouve ça vertigineux, de se dire que d’un coup, comme ça, elle peut se retrouver tellement loin d'une branche pour se poser. Et pourtant, est-ce un problème ? Si elle sait survoler les épicéas, elle sait survoler la vallée, peu importe la distance. Ça ne change rien pour elle. 


Quelque chose m’interpelle, m’émeut même.

- Saint-Esprit, t’as quelque chose à me dire sur la buse ?


Une sensation claire, limpide, transporte mon cœur.


- Éloigne-toi de tes sécurités, de ce que tu connais, de ce qui te rassure, et goûte à une nouvelle liberté.


Liberté.


Ça me fait tellement rêver ! Tout mon être aspire à ça. Et pourtant, j’ai l’impression d’être déjà bien partie avec mon délire de rando-hamac. Mais on peut aller plus loin, non ?


Le chevreuil


Et si je faisais une nuit en hamac ? J’ai jamais dormi une nuit dans un hamac, ni seule dans la montagne. Ce serait une double première du coup !


Héhé, ça m’emballe trop. Je laisse passer la semaine de « je suis HS de la fin d’année scolaire », c’est pas le moment de me faire des grands défis. Mais la semaine d’après, je me lance. Je me renseigne un peu, j’ai un tarp, un hamac et toute la montagne à ma disposition. Le but n’est pas d’aller très loin, juste faire une nuit pour commencer.


Tu sais le nombre de bruits bizarres qu’il y a dans la forêt la nuit ? Franchement, y’a des cris tellement surprenants que je suis même pas sûre qu’ils appartiennent à des bestioles actuelles (je penche plutôt côté dinosaures). Je suis pas sûre d’oser rester la nuit. Mais si j’ose pas y aller à cause du risque de ne pas oser rester, c’est plutôt nul.


Alors j’y vais. Pas très loin de chez moi. J’installe mon truc. Je galère un peu pasque j’ai pas l’habitude, mais je suis très fière. Et je me pose. Je suis dans la forêt, le sol est recouvert de feuilles mortes. Le moindre passage d’animal est accompagné d’un « scrounch schafouich fchbblll » (bruit des pas sur les feuilles – si si, ça fait exactement ça !).


J’en entends passer des bestioles, surtout des chevreuils je pense. Et puis l’un d’eux est particulièrement soulé – il a probablement repéré mon odeur. Et au lieu de se barrer, il se met à aboyer (oui, ça aboie les chevreuils – et c’est pas du tout un petit bruit tout mignon de la forêt). Il aboie, il aboie encore, et ensuite il se met à insister. Je le vois pas (ça fait tout noir) mais il doit être franchement proche.

Monsieur chevreuil n’est pas content, et je l'invite gentiment à aller jouer à la biodiversité plus loin.


Tu sais quoi, j’ai assez bien dormi pour une nuit de bivouac. J’ai été réveillée quelques fois par des passages d’animaux. J’ai aussi entendu la chouette hulotte, le mâle qui s’emballe et la femelle qui répond. Mais j'ai trouvé ça classe, ça m'a pas fait flipper ! J’avais plus peur d’avoir peur…


Maintenant que je peux faire ça, c’est tout un univers d’aventures en nature qui s’ouvre à moi !


Liberté !


Ni une buse, ni un chevreuil, ni une abeille, ni même des grèbes huppées. Mais c'était au lac, y'a un vague lien avec le paragraphe d'après.
Ni une buse, ni un chevreuil, ni une abeille, ni même des grèbes huppées. Mais c'était au lac, y'a un vague lien avec le paragraphe d'après.

L’abeille


J’habite dans les environs d’Annecy, j’ai le lac à moins d’un quart d’heure de route de chez moi. J'y vais très rarement, je suis mal à l’aise en maillot de bain.

C’est quoi ce délire qu’il faut se mettre sous-vêtements pour aller à la plage ? Alors c’est un maillot, ça change tout. Tout ? Vraiment ? Moi je me mettrais pas en culotte pour aller en ville, ni pour aller bosser. D’ailleurs, j’aime pas non plus que les gens secouent leurs fesses et autres devant mes yeux.


Une copine m’a suggéré d’acheter un short de surf et un T-shirt anti-UV. Je fais pas de surf, mais tu mets ça par-dessus ton maillot et soudain t’es pas en culotte. Tadaaa !!

Du coup je peux aller maintenant au lac, si possible à des heures où y’a pas trop de fesses. Ça en soit c’est déjà une immense victoire.


Je pensais que je devais m’habituer à être en culotte devant les gens pour gagner la liberté d’aller à la plage. Mais la liberté n’était pas là. La liberté était d’aller à la plage en me respectant, même si les gens font pas pareil. Au bout d’un moment, ça sert à rien d’être chrétienne intégriste si t’es pas un minimum bizarre.


Liberté !


Mais je m’arrête pas là. Depuis je me suis acheté un paddle. C’est très à la mode (hey, arrêtes de juger, j’ai le droit de faire un truc que les autres font aussi). Avec une pompe manuelle, c’est un peu la misère à gonfler quand t’as pas de force dans les bras. Je suis pas sûre d'arriver à la gonfler ? T’imagines la honte intégrale ?

Alors j’essaye d'abord chez moi. Purée, pas facile. Dès que je fais pas d’escalade, j’ai vraiment des non-muscles dans les bras, c’est pas possible !


Et me voilà à la plage, avec ma pompe, mon paddle tout raplapla, et une petite peur de ne pas savoir le gonfler correctement. Bah tu sais quoi, y’a un gentil mec qui vient me proposer un coup de main ! Avant même que je galère, il me dit que c’est très physique et qu’il peut le faire. Alors ok, dès que ça commence à devenir compliqué, je le laisse me relayer ! Ben le mec n’y arrive pas bien mieux que moi en fait.

Petit coup de coude invisible :

- Arrêtes de croire que t’as pas de muscles / que tu sais pas faire / que tu vas pas y arriver / que tout le monde sait mieux faire que toi.


Bref, on finit par arriver à gonfler le machin, et me voilà partie.


Liberté !


Alors que j’observe un couple de grèbes huppés avec deux petits trop mignons aux costumes rayés, une vive douleur dans la main gauche m'interrompt. Mince, une abeille vient de me piquer ! Qu’est-ce qu’elle fait là celle-là ? Sale bête, ça m’énerve la biodiversité !

J’enlève le dard, et j’hésite. J’ai un historique un peu allergique aux abeilles, et la dernière fois que j’ai été piquée (il y a fort longtemps), je gonflais à fond et ne pouvait plus utiliser ma main. J’ai un peu peur de galérer, je me dis qu’il faut vite que je rentre. Imagine, je fais un malaise ?

Je commence à me rapprocher du bord.


Et pis tu sais quoi ? En fait non. Je suis bien là. Finalement, je prie pour ma main (qui continue à gonfler quand même) et je continue mon tour de paddle. C’est pas une abeille qui va me gâcher ma première sortie avec mon paddle tout neuf, gonflé presque entièrement par moi-même.


Je suis libre.

Et en plus je suis très fière de moi !


La création


Alors y’a eu d’autres trucs sur la liberté pendant ce mois de juillet, mais bon, tu vois l’idée. Je continue à découvrir la vraie liberté. La liberté en Jésus. Pas celle qui te prend pour une betterave et qui te promet des grandes choses en t’enchainant sans même que tu calcules son mensonge.


La vraie liberté.


C’est tellement immense. C’est tellement grandiose. C’est tellement profond.


Un jour, mon pasteur a dit « Dieu n’a pas créé cette profondeur pour que tu t’y perdes, mais pour que tu t’y épanouisses ». Et ça s’applique pour tellement de choses !


Moi, je le vois dans la profondeur de la création, comme un écho de la profondeur de l’appel de Dieu à nos cœurs.

Une profondeur si intense qu’elle intimide, au point parfois de nous faire reculer.

La profondeur des possibles, de tout ce que j’aimerais faire et découvrir.

La profondeur d’un vide immense sous les ailes de la buse. Et ce n’est en aucun cas un problème. C’est une profondeur, une liberté, pour s’épanouir.


T’es pas obligé d’aller dormir en hamac pendant qu’un chevreuil t’aboie dans l’oreille ou d’aller te faire piquer par une abeille au milieu du lac pour ça. Ça c’est juste moi, mes délires.


Et toi ? Dans quelle profondeur tu n’oses pas t’épanouir ?


Natalia, impératrice de la liberté (ouais, carrément)



Version vidéo de l'article

 

 
 

© 2026 par l'Impératrice

Créé avec Wix.com

bottom of page